Le bateau lavoir

L'HERMINIE


Il était amarré vers l'ancienne Poste, au bout du quai de Seine.


Ici la fumée du chauffage se mêle à celle d'un remorqueur. Remarquons les casquettes et canotiers

Entretien avec Gabrielle Taillefer en 1993

CHA : Jusqu'à quand a-t-on lavé le linge dans la Seine ?
GT : Longtemps. Maman a été laver tant qu'elle n'avait pas d'eau dans sa maison. Il fallait aller chercher de l'eau au puits, c'était un drôle de boulot. Mes parents ont fait mettre l'eau en 1920, à peu près.
CHA : Et le bateau lavoir ?
GT : ça c'est autre chose. Maman y a travaillé comme blanchisseuse. Il était près de l'ancienne poste. C'est une péniche creuse avec des planches, des lavoirs tout autour. Et ils chauffaient ! C'étaient des blanchisseurs. Martin, le bedeau, demeurait exactement à côté de chez ma grand-mère, face à Mazard aujourdh'hui. C'est sa belle mère qui entreprenait le lavage. Ils lavaient le linge de la "Belle Otéro". Maman me disait : "Tu te rends compte, elle avait des draps en soie !". Elle demeurait dans la grande maison (70 bis rue du Gal Leclerc) où habitera Mme Lefort plus tard. C'était chez Johnson. Elle donnait son linge au bateau, maman y travaillait avec d'autres.


Il appartenait à Jeansoon François né en 1842, marié a Hermine Damesne.
Le nom donné au bateau lavoir est une preuve de l'amour que portait François à son épouse...

 


Vue de l'arrière. Au fond, l'île avec quelques remorqueurs.


Lors des inondations de 1910, il s'échoua sur le boulevard !

Il n'existera plus à la fin des années 1920, la distribution d'eau à domicile s'étant généralisée...

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