La libération d'Andrésy

Mardi 29 août 1944

Extrait du tome 3 : "Les anciens racontent ... les deux guerres mondiales"
en vente dans les librairies andrésiennes


Extraits d'un rapport figurant dans le registre des délibérations municipales entre le 12 et le 30 août 1944.

"Malgré les deuils et les bouleversements qu'apportèrent dans les conditions d'existence de nombreuses familles les raids alliés, la population resta toujours vaillante et ne désespéra jamais de la victoire des Alliés.
Le séjour des troupes d'occupation à Andrésy fut d'environ quatre à cinq mois durant ces quatre années. C'étaient des troupes en cantonnement à l'état d'esprit calme vis à vis de la population. Mais tout changea vers le 20 août, date à laquelle des troupes en campagne arrivèrent pour prendre position à Andrésy : spécialement le dimanche 27 août un détachement de SS Parachutistes. Il est vrai qu'à ce moment, la situation était difficile pour elles, puisque Poissy et Achères étaient libérées, et par conséquent il était possible que les F.F.I. de la région, profitant de cet avantage, lancent une attaque contre elles.
Aussi, dès le matin du dimanche, les soldats allemands cernèrent l'église à la fin de la messe, pour mobiliser tous les hommes et jeunes gens et les obliger à effectuer des travaux de campagne. Pendant une grande partie de l'après-midi, ces hommes furent occupés à creuser des trous sous la promenade des Tilleuls et sur le chemin de halage.
Vers six heures, et après avoir pris position, les Allemands commencèrent à tirer sur la rive opposée.

Sentant que la situation devenait critique, l'officier commandant le détachement enjoignit immédiatement au Maire, de prescrire un ordre d'évacuation de toute la population d'Andrésy pour le lendemain matin 28 août à huit heures.
Malgré la rigueur de cette mesure, la population ne s'affola pas. Beaucoup quittèrent Andrésy, aussitôt se dirigeant vers Maurecourt et Jouy. Ils logèrent soit dans la salle du Patronage mise à sa disposition par Monsieur le Curé de Maurecourt, soit encore auprès des habitants de Maurecourt et dans les écoles.

La vie à Maurecourt s'organisa de la façon suivante : la Croix Rouge d'Andrésy prit en mains toute l'organisation. Elle désigna dans tous les lieux où se trouvait la population, des responsables pour s'occuper de l'aménagement des locaux et carrières dans lesquels la population s'était réfugiée.

La nuit du 28 août se passa dans les meilleures conditions, mais le lendemain, la situation était toujours aussi critique.
M. Georges Dupuis, Adjoint au Maire, et M. Charles Quenson, aide secrétaire de la Mairie, à la suite de différents bruits semblant indiquer que les Allemands avaient quitté Andrésy dans la nuit, vinrent en reconnaissance dans le pays, et se portèrent jusqu'à Denouval sans rencontrer de troupes. Ils rentrèrent vers midi. A ce moment la population manifesta le désir de regagner ses foyers. Les éléments de Résistance qui lui avaient apporté toute l'aide nécessaire jugèrent alors le moment opportun d'appliquer les consignes qu'ils avaient reçues, et partirent de concert à Andrésy, dans la voiture du Docteur Le Voyer. Ils y arrivèrent au moment où Monsieur Gardeux, demeurant à Andrésy, rue du Maréchal Galliéni, commençait à sonner les cloches, annonçant la libération.

Arrivés à la Mairie, les membres du groupe de la Résistance ayant arboré leurs brassards et après avoir pris contact avec ceux restés dans le pays, crièrent un "Vive la France" enthousiaste.

Etaient présents :
Monsieur Renault, restaurateur, demeurant à Andrésy Place de la Gare, chef local F.F.I.
Monsieur Georges Pelé, principal clerc de notaire à Andrésy, 1 Grande rue.
Monsieur Lucien Fraysse, instituteur public à Andrésy.
Monsieur Pierre Bellegarde, gérant des Coopérateurs à Andrésy, Grande rue.
Monsieur Georges Bouyer, employé S.N.C.F., 3 rue des Courcieux à Andrésy.
Monsieur André Braouezec, transporteur, lieutenant à la compagnie des sapeurs pompiers, demeurant à Andrésy, Grande rue.
Monsieur Narcisse Brosset, employé S.N.C.F., rue des Fontaines.
Monsieur René Heuzé, géomètre demeurant à Andrésy, 1 Grande rue.
Monsieur André Lemaire, employé de bureau, demeurant à Andrésy, boulevard Noël Marc.
Monsieur Charles Lucas, président des Prisonniers Libérés, chef de service aux Messageries Hachette, demeurant à Andrésy, 31 rue de l'Eglise.
Absents mais faisant cependant partie du Comité : Monsieur Chelot et Monsieur Noury.

Monsieur Renault chef local des F.F.I. demanda à Monsieur Pelé de bien vouloir se charger de faire ouvrir la Mairie, cependant que lui, partait prendre contact avec l'Officier de Liaison des Troupes américaines qui se trouvait à Maurecourt, hameau de Choisy.

A la municipalité sortante était dorénavant substitué le Comité Local de Résistance, formé des organismes de Résistance du pays. La Présidence en était assurée par M. Georges Pelé. M. Renault prenant la parole explique que depuis un certain temps déjà, s'étaient constitués à Andrésy, différents groupes de résistance qui, chacun de leur côté, travaillaient à préparer ce jour glorieux où l'occupant serait chassé de notre pays.

Peu de temps après, MM. Pelé et Fraysse retournent au secrétariat de la mairie et prennent immédiatement leurs nouvelles fonctions en procédant à l'inspection des locaux.

Puis lors d'une petite cérémonie, les F.F.I. ont présenté les armes et la Marseillaise a été entonnée une seconde fois."

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Nouveau Un témoignage de Daniel Jourdain : "la débâcle"
Evènements de la fin août 1944 sur Maurecourt, Andrésy et Triel
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La Gazette du Val d'Oise du mercredi 25 août 2004 comporte un supplément "Libération" dans lequel deux Andrésiens racontent ces évènements.

A cette occasion nous avons remis en vente dans les librairies andrésiennes l'ouvrage "les Anciens racontent les deux guerres mondiales" qui comporte quelques pages sur la Libération.

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