Charles Foleÿ

1861-1956

Homme de lettres

 

Page 4 du roman « Deux femmes » 1912

Charles Foley est né à Paris le 9 janvier 1861. Il fit ses études au lycée Condorcet.
Ce fut sans doute un fort mauvais élève, car, depuis l'âge de 8 ou 10 ans, il était décidé à faire de la littérature.
Contrairement, d'ailleurs, à l'usage, son père, qui était médecin, l'encouragea vivement dans cette voie et facilita les débuts de son fils. C'est à « la Revue Bleue » que parut la première nouvelle de Charles Foley.
Peu après, à 19 ans, il publie chez l'éditeur Monier, sous le titre « Les Saynètes » son premier volume : des vers.
Comme les peuples heureux, Charles Foley n'a pas d'histoire.
Nous retrouvons le jeune poète sous l'uniforme de volontaire. Etre soldat, cela vous allège de ce « duvet autour de l'âme » dont parle Rostand dans l'à-propos qu'il prononça au collège Stanislas, avant une représentation de Cyrano.
Et, à son retour du régiment, Charles Foley n'écrira plus de vers.
Mais cela ne l'empêche point de demeurer poète.
Ses deux premiers romans sont «Guerre de Femmes» et « La Course au Mariage » qui parût à la Justice de Clémenceau.
Le jeune écrivain faisait alors partie du cercle Volney où Dieudonné, Dumény, Madame Amel, Matrat, Maria Legault jouent quelques-unes de ses pièces,
Depuis, Charles Foley n'a cessé de produire roman s et pièces de théâtre. Parmi les romans, nous citerons d'abord ses beaux récits vendéens : Les Colonnes Infernales, l'Otage, Vendée ! Cœur de Roi, Guilleri Guilloré, les Mauvais Gars, Jean des Brumes, plusieurs romans historiques, Le Roi des Neiges, Fleurs d'Ombre, l'Histoire de la Reine de Bohème et de ses sept châteaux, puis, parmi les études de vie contemporaine et de mœurs modernes : les Cornalines, Monsieur Belle-Humeur, Mulot et Gendres, Drames de coulisses, Joles Ames, etc., etc...
Femina a publié Tuteur et l'auteur a connu de non moindres succès avec son roman de haute portée sociale et de thèse toute actuelle sur l'argent intitulée L'Ecrasement.
M. Charles Foley est aussi l'auteur du Vieux de la Rouquine, de la Nuit Rouge, et d'Un concert chez des Fous, en collaboration avec André de Lorde, drames qui furent accueillis avec une grande faveur au Théâtre du Grand Guignol.
Dans le même ordre d'idées tragiques, rappelons les titres des grands Romans mystérieux de cet écrivain, romans traduits, dans toutes les langues : Kowa la Mystérieuse, La Chambre du Judas. Des Pas dans la Nuit, etc., etc.
Cette oeuvre, déjà considérable, a mis Charles Foley au premier rang, des romanciers contemporains. Et il occupe, parmi eux, une place vraiment bien à lui.
Conteur fertile, il a, d'une part, été pour la Vendée, le Maine, pour les soulèvements chouans et les complots royalistes, un autre Dumas, aussi ardent, aussi mouvementé, aussi pittoresque, plus soucieux toutefois de la vérité historique.
Psychologue délicat, nuancé et profond, il a, d'autre part, étudié, les âmes et peint la société moderne avec une exquise sensibilité.
Charles Foley a publié successivement ses contes ou ses romans à l'Illustration, à Femina, au Temps, au Gaulois, aux Annales Politiques et Littéraires à la Revue Bleue, au Conteur Populaire, à la Revue Hebdomadaire, etc., etc.
Enfin, depuis plusieurs années déjà, M. Charles, Foley qui est un érudit profond et un bibliophile qui sait extraire des livres tous les enseignements qu'ils dégagent, donne à l'Écho de Paris, des Causeries d'Histoire extrêmement goûtées.
Plusieurs de ces études ont été traduites et ont paru dans des Revues de Vienne et de Berlin.
Charles Foley est enfin l'auteur d'Au Téléphone, ce drame poignant dont le tragique moderne, nouveau, imprévu, assura le triomphe.
Au Téléphone fut joué plus de douze cents fois dans toute l'Europe, en Amérique, etc, etc. Ce drame est resté au répertoire du théâtre Antoine.

Foley, Charles (1861-1956). Homme de lettres. Andrésy (S. et O.) et Paris, 77 avenue de Villiers
DBF
2 LAS. 1901-1903. - Aut. 772 (F. 5-6)
Ses romans : Les Colonnes infernales et Guilleri Guillore

Revue « Je sais tout », 15 juillet 1920

J’ai ici même, il y a deux ans, retracé la carrière littéraire de Charles Foleÿ. C'était en présentant le Voleur de géants, l'émouvant roman paru depuis en librairie sous le titre de "un Roi de Prusse, voleur de géants". Nos lecteurs m'ont pas oublié la vivante et grimaçante figure de Frédéric II autour de laquelle la comédie tragique se développait, souriante, caricaturale, sanglante... Charles Foleÿ n'a pas que ce talent d'historien romanesque ; on le verra une fois de plus en lisant le Drame des Eaux-Mortes qui pourrait bien être le plus réussi de ses romans contemporains : critique des mœurs et des caractères, habile crescendo dans le mystère et l'angoisse, mise en scène ingénieuse, paysage inquiétant, tout y est. Je défie bien qu'on entreprenne cette lecture et que l'on n'aille point jusqu'au dénouement, qui ne décevra pas.

Cependant, il faut bien le dire, Charles Foleÿ a une prédilection pour le passé, C'est qu'i1 fréquente beaucoup plus les livres que les hommes d'aujourd'hui. Son plus vif plaisir est de fouiller les catalogues des marchands de vieux bouquins et d'ajouter un nouveau rayon à sa bibliothèque d'Andrésy... C'est à Andrésy, ravissant village des bords de la Seine, entre Conflans et Poissy, que Charles Foleÿ possède son logis des champs (6, rue de Chanteloup). C'est là qu'il le faut voir pour le bien connaître. Il y passe toute la belle saison entre son jardin à terrasses et la vieille maison paternelle. Son jardin, en été, n'est qu'une fleur, dahlias, amaranthes, balsamines, glaïeuls, soucis, pavots, œillets d'Inde, zinnias, pétunias, gaillardes, sauges, fuschias, plhox, héliotropes, camomilles, calcéolaires, toute l'ancienne flore de nos jardins est là, le long des allées, entre les parterres de légumes non moins classiques... De larges caisses de formiums et de verveine flanquent les marches du seuil... On passe du tiède parfum des tilleuls à la fraîcheur des salles du rez-de-chaussée. Mais, voici le vénérable escalier qui monte sans hâte vers les corridors tout tapissés de livres et les chambres qui n'ont pour ornement que d'autres livres. Des livres, encore des livres. Charles Foleÿ n'a pas besoin d'aller frapper aux portes des bibliothèques publiques. S'il désire parler du XVIe, des Chouans ou des Romantiques, il n'a qu'à tendre la main. Ses documents sont là, à lui, pour lui, et puis pour notre plaisir.

S'il fait beau, Charles Foleÿ lit sous son tilleul ; s'il pleut, il lit dans sa chambre à coucher qui est une magnifique librairie. C'est à cet endroit qu'il a réuni ses livres préférés, les centaines de ses livres préférés... Ouvrez le premier venu. Les marges sont constellées de croix, de crochets, d'accolades, de notes, embryons de phrases pour les futurs romans ; Charles Foleÿ lit, crayon en main, page à page, ligne à ligne... Et quand il a lu, beaucoup lu, bien lu, il s'attable et, de sa grande écriture régulière, il écrit, au chant des oiseaux, Guilleri Guilloré, Cœur de roi, Jean des Brumes, Un roi de Prusse, voleur de géants...
Et quand il a bien travaillé ou que des amis le viennent troubler dans sa retraite, il va le long de la Seine voir passer les trains silencieux des chalands fleuris de lauriers roses.

Jacques des GACHONS.

M. Charles Foley a été couronné plusieurs fois par l'Académie française :

1898 : prix Montyon, pour Jolies âmes, 500F
1918 : prix Montyon, pour Sylvette et son blessé, 500F
1925 : prix Montyon, pour Le cygne au collier d’or, 500F ;
1942 : prix Botta, pour l’ensemble de son œuvre poétique, 4 000F
1949 : prix Sivet, pour l’ensemble de son œuvre poétique, 10 000F

Source : secrétariat de l'Académie française (mars 2010)

Une version filmée de sa plus célèbre pièce "Au téléphone" avec une fin différente.

Bibliographie

Couvertures et autres informations